
LE 1ER MAI, UNE HISTOIRE DE LUTTES…
Chicago, 1er mai 1886 : une grève générale éclate pour réduire la journée de travail à 8 heures. Elle se prolonge : le 3 une manifestation tourne à l’émeute et fait 3 morts, le 4 une bombe tue un policier et 7 autres meurent dans l’affrontement qui suit. 5 syndicalistes anarchistes sont condamnés à mort. Cette date devient rapidement une journée annuelle de luttes et de commémoration des massacres d’ouvriers et d’ouvrières.
Barcelone, 1890 : grève générale pour la journée de 8 heures. La même année à Vienne (Isère), suite à l’agitation de libertaires, un mouvement de grèves spontanées éclate, une usine textile est pillée, des barricades fleurissent.
Fourmies (Nord), 1891 : la police tire sur une manifestation tuant 9 personnes. Le même jour la police blesse 3 anarchistes à Clichy ; à Rome, la manifestation se solde par 1 mort et 200 arrestations.
Chicago, 1894 : grève massive des chemins de fer, des émeutes éclatent aussi à Cleveland (Ohio).
France, 1906: grève générale pour la journée de 8 heures qui ne sera établie qu’en 1919.
Paris, 1907 : un anarchiste tire sur la police, il fera 17 ans de bagne.
Buenos Aires, 1909 : manifestation anarchiste ouvrière de 30 000 personnes, réprimée : 8 morts et 105 blessés. S’ensuit une grève générale écrasée dans le sang.
Cleveland, 1919 : une émeute éclate, 2 morts, 40 blessé-es, et 116 arrestations.
Turin, 1920 : un mois après la grève générale, un meeting regroupe 100 000 travailleurs-euses : la police charge, tire, tue 2 personnes et en blesse 30.
Turquie, 1924 et 1925 : les manifestations, illégales, sont dispersées.
Chine, 1925 : fondation de la Fédération des Syndicats de Chine.
Barcelone, 1931 : manifestation de la CNT, avec des délégations anarcho-syndicalistes d’Europe, cortège de 100 000 personnes. La foule envahit le Palais de la Généralité, des coups de feu sont échangés (3 morts) et le massacre est évité grâce à une compagnie de fantassins ralliée aux manifestant-es.
Espagne, 1936 : sortie du 1er numéro de Mujeres libres, journal de l’organisation féministe et anarcho-syndicaliste du même nom.
Athènes, 1944 : 200 prisonniers communistes sont exécutés par l’armée allemande.
Sicile, 1947 : 11 manifestant-es sont tué-es et 27 blessé-es par un groupe mafieux séparatiste.
Honduras, 1954 : début de la plus grande grève de l’Histoire du pays.
Portugal, 1974 : une semaine après la chute de la dictature, la plus grande manifestation de l’Histoire du pays.
Paris, 1979 : 1er attentat du groupe Action Directe contre le siège du Conseil National du Patronat Français (ancêtre du MEDEF).
En Allemagne depuis 1987, des affrontements ont lieu chaque année entre la police et les manifestant-es anti-capitalistes.
Moscou, 1990 : Gorbatchev est hué par la foule et doit quitter la tribune. Le même jour à Paris des anarchistes renomment la station de métro « Stalingrad » : « Commune de Krondstadt ».
France, 2002 : 1,3 million de personnes manifestent contre l’extrême-droite.
États-Unis, 2006 : grande grève des immigré-es latino-américain-es pour l’égalité.
Los Angeles, 2007 : la police charge brutalement un rassemblement.
Grèce, 2010 : affrontements dans plusieurs villes.
Istanbul, 2012 : 60 anarchistes sont arrêtés lors de la manifestation (comme en 2007 et 2008).
1er mai 2013 : émeutes et affrontements à Madrid, Montréal, Seattle, Bogotá, Santiago, Istanbul, Le Caire et en Algérie.
Istanbul, 2016 : 1 mort.
France, 2019: gilets jaunes, syndicats et climat réunis et nassés par la police : usage intensif d’armes de guerre « non létales ».
1er mai 2020 : manifestations et arrestations à Vienne et Salzbourg (Autriche). Bruxelles : lancement d’une grève des loyers internationale. Chili : manifestation sonore (Cacerolazos) réprimée au canon à eau et gaz lacrymogène, 60 arrestations à Santiago. Berlin : occupations symboliques. Hanovre : manifestations radios. États-Unis, Italie, Espagne, France, Slovénie : rassemblements contre la prison, la militarisation de la société, le capitalisme, les conditions de travail précaires, le démantèlement des services publics, les politiques répressives…
… ET DE RECUPERATIONS POLITICIENNES …
Certain-es célèbrent le 1er mai la fête de la valeur travail et légitiment ainsi l’exploitation du plus grand nombre par une minorité.
1920 : L’Union soviétique fait du 1er mai la fête des travailleurs, ou plutôt du régime bolchevique. En réaction, il devient l’année suivante aux États-Unis “Americanization Day” et en Allemagne en 1933 le « Jour du travail national ».
1941 : le maréchal Pétain et René Belin, ancien dirigeant de la CGT devenu ministre du travail, proclament le 1er mai « fête du travail et de la concorde sociale ».
1955 : le pape Pie XII institue le 1er mai la St Joseph, patron des artisans et symbole de la famille chrétienne.
1961 : Castro proclame le caractère socialiste de la révolution cubaine.
1968 : le Parti communiste tente d’exclure par la force les anarchistes de la manifestation parisienne.
Depuis 1988, le Front National organise sans grand succès un rassemblement en l’honneur de Jeanne d’Arc.
2012 : Sarkozy organise un rassemblement pour fêter le « vrai travail » (les gaullistes avaient essayé de le faire dans les années 1940).
2019 : Macron confond « fête du travail » et « fête des travailleurs-euses ».
Le 1er mai est la journée internationale de lutte pour les droits des travailleuses et travailleurs.
Ni répression, ni récupération, le 1er mai : vive la révolution !
